Conférence des évêques de France

Publié par md dans Formations et Conférences

Photo ci-dessus : Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France

La Conférence des évêques de France a adopté un plan d’action coordonné avec onze résolutions portant sur la pédocriminalité dans l'Eglise et le soutien aux victimes.
"Nous voulons mobiliser des moyens pour vous accompagner, matériellement et spirituellement, selon ce que vous désirerez", a assuré en clôture de l'assemblée plénière de la conférence des évêques de France (CEF) son président, Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort. Une série de onze résolutions pour lutter contre la pédocriminalité dans l'Église a été votée. Ces mesures commenceront de s'appliquer d'ici la fin de l'année

 

Lettre des évêques de France sur la lutte contre la pédophilie ( texte intégral ici )

Voici un résumé de cette lettre :
 
Les évêques, après leur réunion plénière de fin mars, écrivent cette lettre pour 3 raisons :
- La honte qu’ils éprouvent toujours au sujet des agressions sexuelles d’enfants,
- Les progrès de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église (CIASE) qui avance dans son rapport pour septembre prochain,
- Les décisions importantes qu’ils ont prises pour l’ensemble de la France.
 
Les évêques reconnaissent d’emblée que l’Église n’a pas toujours été une « maison sûre », comme le demande le pape François ; les violences sexuelles sont « avérées et indéniables » et nombreuses. Elles ont parfois été dénoncées, parfois traitées avec légèreté, ou pas traitées du tout, et parfois sont restées inconnues. Le rapport de la CIASE permettra de situer l’exacte ampleur de ces faits, mais il est clair maintenant que la justice civile et la justice canonique doivent toujours être saisies.
 
Les évêques sont impressionnés par l’ampleur du traumatisme subi par les victimes, ainsi que par les conséquence graves et durables qui en découlent. Ils reconnaissent que leurs prédécesseurs n’ont pas toujours été attentifs au sort des enfants agressés, alors que les victimes font preuve d’un immense courage pour témoigner, parler contre des personnes ayant une autorité reconnue. Ils se sentent donc responsables d’agir pour contribuer à accompagner les victimes sur leur chemin de vie, autant qu’elles le souhaitent.
 
Depuis 2 ans 1/2, les évêques se font aider pour garder la mémoire de ces faits, développer de bonnes mesures de prévention, traiter efficacement les plaintes, accompagner les clercs accusés, et proposer une aide financière pour aider les victimes à se reconstruire. Ils ont ainsi décidé :
- des mesures concernant les personnes victimes (7 mesures),
- de mettre en place un tribunal pénal canonique, en plus d’un recours systématique à la justice civile,
- de mettre en place à la Conférence des Evêques de France (CEF) un service de vigilance et de formation sur ces questions, ainsi qu’un service national d’écoute.
 
Enfin, nos évêques nous lancent un double appel :
- Être tous vigilants et actifs pour que notre culture commune fasse de notre Eglise une « maison sûre ». Cela signifie : refuser les silences, les ambiguïtés, alerter quand un problème de comportement est repéré, quelle que soit la personne concernée, et accepter des regards tiers, des contrôles, des corrections fraternelles.
- Aider les personnes victimes. Les actions de mémoire, de prévention et de soutien demandent des moyens. Pour les financer, les évêques ne peuvent pas détourner le Denier de l’Église de l’intention des donateurs. Aussi, ils vont créer un fonds spécifique auxquels ils contribueront les premiers à titre personnel ; ils appellent ceux qui le voudront bien à y contribuer également.
 
Ce travail d’évaluation et de vigilance n’est pas terminé ; la remise du rapport de la CIASE en septembre sera un moment difficile pour les victimes et pour tous les clercs et religieux, mais les évêques, en renouvelant leur demande de pardon, sont déterminés à accepter d’avance « la lumière crue qui sera jetée » sur l’Église et à avancer pour que leurs engagements à faire de l’Église une « maison sûre » soient partagés par tous les chrétiens.