Le carême touche à sa fin, nous entrons dans la Semaine Sainte ou dans la Grande Semaine comme on disait autrefois.
Le Jeudi saint, l'église de Saint Hilarion était pleine et très recueillie pour cette célébration de la Sainte Cène de Notre Seigneur. C'est toujours émouvant de voir le prêtre laver, en toute humilité, les pieds de ses fidèles, suivant en cela l'exemple du Maître.
Le Vendredi Saint, nous avons fait le Chemin de Croix, comme tous les vendredis de carême, accompagnant Jésus dans sa douloureuse Passion...
Les statues sont voilées de violet, l'autel est dépouillé, le Tabernacle est ouvert et vide...
C'est la grande Désolation...
Le soir, l'église de Poigny était pleine pour l'Office de la Passion.
La cérémonie commença dans le grand silence qui célèbre la mort du Sauveur, par cette longue prostration du prêtre devant l'autel, geste liturgique rare mais particulièrement éloquent.
Après la liturgie de la Parole, avec la lecture du long récit de la Passion selon saint Jean, le prêtre alla prendre la croix qui avait été déposée à la porte de l’église, puis remonta vers l’autel, en marquant trois pauses au milieu de l’église. Chaque fois, le prêtre élèva la croix, la proposant à l'adoration des fidèles, en disant : "Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde, venez ! Adorons !" Les fidèles se sont agenouillés en silence pour quelques minutes d’adoration, puis sont allés en procession devant la croix, marquant leur vénération en l’embrassant ou par une génuflexion. La Croix est adorée non comme un instrument de supplice, mais comme le signe de notre salut.
Pendant cette procession, la chorale chante les impropères (du latin improperium signifiant "reproche"). Ce sont les "reproches" de Dieu envers son peuple : Dieu a libéré celui-ci de la servitude en Égypte et l'a fait entrer en Terre promise et pourtant, ce même peuple conduit son Dieu à la mort.
Après avoir passé la journée du samedi Saint, qui était aussi le premier samedi du mois, dans le recueillement et la compagnie de la Vierge Marie, nous nous sommes hâtés vers l’église pour la vigile pascale, tant attendue. Le feu Nouveau brûlait dans la nuit, et dans le silence qui se fit, le père Isidore prononça cette phrase que les chrétiens du monde entier attendaient depuis 40 jours :
« Frères et sœurs bien-aimés, en cette nuit très sainte où notre Seigneur Jésus Christ est passé de la mort à la vie, l’Église invite tous ses enfants disséminés de par le monde à se réunir pour veiller et prier. »
Après avoir allumé le cierge pascal au feu Nouveau, puis nos cierges au cierge Pascal, nous avons écouté, le cœur plein de joie, l’Exultet résonner sous les voûtes de l’église !
« Exultez dans le ciel, multitude des anges ! Exultez, célébrez les mystères divins ! Résonne, trompette du salut, pour la victoire d’un si grand Roi ! »
Puis, se déroula la liturgie de la parole, très longue, très belle avec ses textes sacrés et ses psaumes, que nos animateurs liturgiques ont si bien chantés.
Au milieu de la nuit eut lieu le baptême de Maxime, notre catéchumène.
Grand moment de joie pour lui et pour toute la communauté.
Pour lui, la trompette a retenti !
Ce n’est que vers minuit que la cérémonie s’est terminée. Nous l’avons prolongée autour d’un chocolat chaud et d’une brioche, préparés par Jean-Marc.Et c’est avec une joie réelle que nous échangions entre nous la salutation des premiers chrétiens :
⁃ « Christ est ressuscité.
⁃ Il est vraiment ressuscité.
⁃ Amen, alléluia. ».
Dimanche de Pâques ! Le plus beau jour de l’année (liturgique !), Une église pleine à craquer, des fidèles debout, malgré les chaises rajoutées … La joie du tombeau vide, du Christ ressuscité, de la mort vaincue éclata dans nos chants !… Et cependant, joie ternie, par l’annonce officielle que nous fit le père Isidore de son retour prochain dans son pays…
Soyons cependant dans la paix et la joie comme il nous y a exhortés … car « Ils sont finis, les jours de la passion du Seigneur : vous qui célébrez avec allégresse la fête de Pâques, venez, avec son aide, prendre part en exultant aux fêtes qui s’accomplissent dans la joie de l’éternité. » (Extrait de la bénédiction solennelle du jour de Pâques)
Je ne peux terminer cet article sans dire un grand merci aux animateurs liturgiques, organistes et musiciens, aux servantes d’assemblée, aux enfants de chœur, ( à ceux qui les forment et encadrent) et à tous ceux qui ont œuvré pour que nos célébrations soient belles et priantes, pour que notre église soit fleurie et accueillante…
Et merci à notre père Isidore qui sait si bien fédérer notre communauté et la rassembler autour de lui, « comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes» (St Matthieu 23, 37-39). Ce que Jérusalem n'a pas voulu faire autour de Jésus, le Groupement paroissial de Gazeran l'a réalisé autour du père Isidore et grâce à lui ! ! !
Qu'il en soit béni !









